Comment devenir infirmière ou infirmier ?

Comment choisir sa prépa aux concours paramédicaux ?
février 12, 2016
Cours De France dans La Provence ! Bravo et merci Monsieur Bardez !
juillet 26, 2016

La France compte environ 500 000 infirmiers. À l’hôpital, dans les entreprises, les maisons de retraite, en libéral, ces professionnels constituent le maillon essentiel du notre système de santé. Empathie, rigueur, organisation et connaissances médicales pointues sont leurs principales caractéristiques. Focus sur les études pour accéder à cette profession.

Comment devenir infirmière ou infirmier ?

Infirmière, un métier exigeant, tant physiquement que psychologiquement: «Si votre motivation pour faire ce métier c’est d’avoir un boulot sécurisé et de ne pas faire d’études longues… passez votre chemin», prévient Philippe Tisserand, président de la Fédération Nationale des Infirmiers (FNI).

En plus de soigner, un(e) infirmier(e) prend soin de ses patients: «il faut être bien dans sa tête, car on est régulièrement confronté à la souffrance, à la douleur et même à la mort», ajoute Philippe Tisserand. Il faut également être organisé et rigoureux: «cela arrive à tout le monde de se tromper, mais une infirmière qui fait une erreur doit avoir l’honnêteté de le dire sans attendre, car les conséquences peuvent être très graves».

Les IFSI (Instituts de formation en soins infirmiers)

Pour devenir infirmière, il faut passer par un IFSI (Institut de formation en soins infirmiers). Les études durent trois ans et débouchent sur l’obtention d’un Diplôme d’État Infirmier (DE), depuis la rentrée 2009, ce diplôme équivaut à une licence.

Il existe 337 IFSI répartis dans toute la France. 277 sont publics et 60 privés (souvent gérés par la Croix-Rouge). Les frais de scolarité ne dépendent pas du fait que l’IFSI dans lequel vous faites vos études est public ou privé: ce sont les régions qui financent les études des infirmières. Généralement, elles prennent en charge les frais de scolarité pour les étudiants de moins de 26 ans en formation initiale. Pour les candidats de plus de 26 ans et les personnes en reconversion, le financement est parfois plus complexe et il peut arriver que l’étudiant ait à payer entre 800 et 3000€ de frais de scolarité par an. À noter que ces frais peuvent être pris en charge par Pôle Emploi ou d’autres organismes en cas de reconversion, mais tout se fait au cas par cas.

Le concours d’entrée dans les IFSI

Comme les médecins ou les kinésithérapeutes, la profession d’infirmière est soumise à un numerus clausus. Pour l’année 2014/2015, celui-ci a été fixé à 31 128, un chiffre relativement stable par rapport à l’an dernier. «Contrairement à ce qui se passe en médecine ou en kiné, le numérus clausus est suffisamment étendu pour absorber les candidats vraiment sérieux, estime Philippe Tisserand, président de la Fédération Nationale des Infirmiers (FNI). On n’assiste pas à un exode des recalées vers la Belgique ou la Suisse.

Le concours comporte deux épreuves écrites et un oral de motivation.

La formation dans les IFSI

Une fois rentrés dans leur IFSI, les étudiants infirmiers reçoivent pendant trois ans une formation en alternance: 50% de théorie / 50% de stages pratiques. Les cours portent sur les connaissances médicales bien sûr (urologie, cardiologie, anatomie, etc.), mais aussi sur des connaissances propres à la science infirmières, c’est-à-dire les soins infirmiers spécifiques à chaque spécialité médicale.

Une grosse partie de la formation est occupée par les cas pratiques: «certains IFSI sont très bien dotés en équipement et en matériel, d’autres non. C’est un des points à examiner au moment de choisir son école», prévient Lisa Cann, vice-présidente de la fédération des étudiants en soins infirmiers.

Les étudiants doivent effectuer quatre types de stages au moins une fois dans leur scolarité:

● Soins de courte durée

● Soins de longue durée

● Lieux de vie (maison de retraite, hospitalisation à domicile, exercice en libéral)

● Psychiatrie

«La formation est exigeante, comptez 35 heures par semaine et beaucoup de travail personnel, mais elle est accessible,» assure l’étudiante, en deuxième année à l’IFSI de Vannes.

Côté ambiance, tout dépend des instituts. «Dans les IFSI rattachés à des universités, on déjeune au Crous avec les autres, on étudie à la BU… c’est une vie d’étudiant tout à fait classique. Le vécu est un peu différent dans les IFSI rattachés physiquement à des hôpitaux, où on est plongé beaucoup plus rapidement dans l’univers hospitalier», analyse l’étudiante.

Les spécialisations

Le DE en soin infirmier est le même pour tout le monde. Ceux qui veulent se spécialiser doivent poursuivre leurs études par la voie de la formation continue. Il existe trois spécialités pour les infirmier(e)s:

● infirmière-puéricultrice: la spécialisation est accessible tout de suite après le diplôme

● infirmière de bloc

● infirmière anesthésiste

Les deux dernières spécialités ne sont accessibles qu’avec deux ans d’expérience professionnelle.

Poursuite d’études après le DE

La réforme LMD est à peine en train d’être mise en place pour les études d’infirmière. Le DE équivaut à un grade de Licence, mais il existe encore très peu de Master en soins infirmiers pour les étudiants qui souhaitent poursuivre leurs études. Actuellement, il existe n’en existe que deux:

● Le master sciences cliniques en soins infirmiers de l’université Versailles-Sain-Quentin-en-Yvelines. Il propose les options psychiatrie, maladie chroniques et dépendances (hors cancérologie) et douleur et soins palliatifs.

Le master sciences cliniques infirmières de l’EHESP et de l’université d’Aix-Marseille. La première année s’effectue à Paris et la seconde à Marseille. Les étudiants ont le choix entre trois spécialités également: cancérologie, gérontologie et infirmière coordinatrice de parcours complexes de soins.

Les débouchés après un DE Infirmier

Il y a une sorte de croyance populaire qui dit que la France manque d’infirmiers et d’infirmières et qu’il est donc très facile de trouver du travail à la sortie de l’école. «Ça n’est plus vrai, prévient Lisa Cann. On ne peut pas parler de chômage chez les infirmi(e)res, mais il y a un vrai phénomène de précarisation en début de carrière». Les centres hospitaliers ont désormais tendance à privilégier les contrats courts, les remplacements. «Avant, une infirmière était généralement titularisée au bout d’un an, c’est désormais beaucoup plus difficile et plus long», ajoute Philippe Tisserand.

Le marché de l’emploi des infirmières est également très variable d’une région à l’autre. Dans le Grand Ouest, les postes sont rares, tandis qu’en Ile-de-France, il est beaucoup plus facile de trouver rapidement un CDI.

Il en n’en reste pas moins que le diplôme d’infirmier ouvre un grand nombre de possibilité de travail:

● L’hôpital reste le plus gros employeur des infirmiers.

● L’exercice en libérale attire de plus en plus de candidat(e)s. En 2000, la France comptait environ 50 000 infirmières libérales. Aujourd’hui, elles sont 90 000, pour un total de 500 000 infirmières.

● On trouve également des infirmières dans les entreprises, l’Éducation Nationale, l’armée, en maison de retraite, en établissement de soin, de rééducation…

«La tendance est de plus en plus à des parcours transversaux. On fait de moins en moins ‘‘carrière’’ à l’hôpital», note Philippe Tisserand. Il n’est pas rare qu’une infirmière cumule deux mi-temps: un à l’hôpital et un en exercice libéral. Toutes les formules sont envisageables et les passerelles entre les différents univers nombreuses.

 

Article paru sur le site du Figaro étudiant, le 10 mars 2015 ; Marion Senant.

Prépa Infirmier Marseille – Devenir Infirmière –